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 Protéger la Nature

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MessageSujet: Protéger la Nature   Dim 28 Oct 2012 - 8:03

Les gardiens du jardin planétaire



Où l'on retrouve Mussolini et un « écologiste » dénommé Adolf Hitler, et c'est là que le lecteur badaud postera son point Godwing...

« Ce qui compte dans la sauvegarde des condors et de leurs congénères, ce n’est pas tant que nous avons besoin des condors, mais que nous avons besoin des qualités humaines nécessaires pour les sauver. Ce sont précisément celles-là mêmes qu’il nous faut pour nous sauver nous-mêmes. » Ian Mac Milan

« Il faut résister contre cette dégradation de la dernière beauté de la Terre et de l’idée que l’homme se fait des lieux qu’il habite. Est-ce que nous ne sommes plus capables de respecter la Nature, la liberté vivante, qui n’a pas de rendement, pas d’utilité, pas d’autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps ? » Romain Gary

Protéger la Nature…

Protéger la Nature n’est pas une idée neuve. Il est logique de penser qu’une espèce douée d’une intelligence hors pair mais tout aussi dépendante des ressources naturelles que n’importe quelle autre plus primaire, ait pu penser dès les origines à les préserver, au même titre que l’on préserverait les nécessités fondamentales. Les pionniers de la protection environnementale ont été partout les générations antédiluviennes, les peuples racines, les nations autochtones. Qu’avons-nous perdu en ne les prenant pas comme donneurs de leçons, au sens noble de l’expression, au lieu de les exterminer, de bafouer leur savoir ! Ces peuples premiers et qu’il n’est pas déplacé de qualifier de naturels, vécurent toujours dans la compréhension du monde des élémentaux, sans provoquer de destruction notable. Toujours, jusqu’à l’arrivée d’une pseudo civilisation impérieuse qui leur inculqua une flopée de fausses valeurs dont les plus nuisibles à la pérennité planétaire furent sans nul doute le désir d’appropriation pour l’appât du gain et une sécurité toute relative, tout comme le sentiment erroné et dangereux d’appartenir à une espèce dominante ayant droit de cuissage sur toutes les autres espèces. C’est en partie pour leur éthique du tout sacré que nous, colonisateurs impénitents, esclavagistes cruels, mafieux et décadents, nous les avons physiquement et culturellement occis, ou folklorisés. La pensée holistique, l’approche panthéiste sont des voies bien trop subtiles et diffuses pour notre quête du rationnel. Civilisés, nous nous octroyons le monopole de la Nature. Tout sacraliser n’était pas compatible avec notre point de vue visant à tout spolier, à tout exploiter, à tout polluer, à tout détruire, à tout pourrir, à infliger mille et une souffrances aux autres races, aux autres cultures, aux autres espèces, à l’autre sexe. Les peuples premiers ont cette vérité, cette justesse, d’être dans la Nature, d’être aussi « La Nature ». Mission impossible pour nous, endimanchés, qui nous arrogeons le droit de déboiser puis de reboiser, de dépeupler puis de repeupler, de dégénérer puis de régénérer. Nous ne reboisons rien, nous ne repeuplons rien, nous ne régénérons rien, car, Gros-Jean comme devant, nous n’avons pas la moindre idée des énergies subtiles, des forces subliminales. Notre assurance-vie ne réside pas dans une planète vivante mais dans un vil contrat d’assurance signé avec une association de malfaiteurs dont les pathétiques pirouettes publicitaires nous inspirent une absolue confiance. Nos redoutables religions monothéistes, puis le miroir aux alouettes du confort et de la consommation via le fordisme, furent les outils d’une sanglante contamination, de gré ou de force, de toutes les communautés racines, avec l’inculcation d’une honte pour leurs belles croyances animistes qui sacraient et sacralisaient les éléments, les plantes et les animaux. Le sacré et son panthéon rendaient l’expression d’une volonté de protection plus éthique qu’utilitaire. Nous autres allons droit au but, la fin justifie tous les moyens. Et puis qu’allons-nous remettre, nous autres modernes et en slip, notre confiance à des gens dégueulasses (considérés comme des bêtes dès le premier contact) qui cachaient à peine leurs parties honteuses ?! Cachez cette virginité que ne saurait voir le pervers…

Une fois le cartésianisme bien inculqué, le regard protecteur sur la Nature devint ipso facto vilement fonctionnel, d’un intérêt sordide, de bas-étage, quasiment propre à l’exploitant minier, au maquignon, à l’équarisseur, au charcutier-traiteur, au proxénète et pilleur du Vivant, au fossoyeur de la biodiversité, aux fins d’un enrichissement égoïste, sans cause et sans morale. Toute spiritualité de nos ancêtres les Gaulois, adorateurs des arbres et des sources, se voyait évincée dans notre rapport au Vivant et nous n’avons absolument plus rien de commun avec les ethnies dont l’autarcie et la parcimonie sont toute induites d’un respect profond, d’un besoin d’harmonie avec le milieu. Ils étaient magnifiquement illuminés, nous ne sommes que de tristes comptables, des banquiers ignares et insensibles, des pirates de la biodiversité et du bateau Terre. Non contents d’en rester à veiller sur les ressources grosso modo pour une exploitation primaire et que l’on pourrait dire extensive, comme dans les années 1950, nous sommes passés à la phase la plus intensive et effrénée, productiviste et mandatée par les contraintes multidimensionnelles d’un hyper capitalisme lâché et sans complexe, d’un ultralibéralisme « efficace » qui altère, dénature, ronge tout, ne laisse rien dans son sillage, fait sans vergogne table rase, une doctrine à courte-vue, d’une cécité écologique même indigne d’un cerveau reptilien, qui s’auto-dévore goulument. Nous carburons pour Manna-hata, « l’île aux nombreuses collines », dérobée à la tribu amérindienne du peuple Algonquin, devenue le Manhattan investie par une finance grasse et vandale. L'empreinte de l'homme sur son environnement atteint un stade qui dépasse largement l'entendement, en ce sens qu’elle transforme radicalement le milieu de vie, jusqu’à le rendre irrespirable en saturant l'atmosphère de gaz à effet de serre. La Terre vue du ciel : bientôt un cimetière, une fosse commune. Et maintenant, la bouche en cœur, sans même faire amende honorable, voici que l’on met sous cloche quelques lambeaux agrestes, seulement pour le nec plus ultra d’un clan de Terriens privilégiés, toujours les mêmes, qui s’en iraient au zoo de la supercherie, à des fins… récréatives. On a tout cassé, créé de la pauvreté en veux-tu-en-voilà, on pille les plus démunis pour gaver les amis riches de nos amis riches, et bientôt leur permettre de rouler aux nécrocarburants. Mais, cyniques, notre dernier caprice est de pique-niquer tranquilles sous de bucoliques frondaisons, au bord d’un ru originel dont l’onde est restée claire par enchantement, débarrassés des espèces rampantes et urticantes qui nous causaient frayeur, bercés par le chant des petits oiseaux, et nous émerveillant, pourquoi pas, d’une nursery de papillons multicolores voletant sur la prairie florifère épargnée par le miracle sponsorisé d’une marque de cosmétique de préférence suisse ou monégasque. Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phénix des hôtes de ces bois… Mais bordel, nous avons détruit tout cela ! Même si ça tangue, il nous faut maintenant et pour toujours nous accoutumer à tousser avec les autres, à crever d’ennui dans nos hypermarchés, à jouer à la marelle entre les rayons bio de Carrefour, …même que, de père évangéliste en fils prophète, Leclerc éclaire écologiquement son parking aux panneaux photovoltaïques.

Ce qui constitue l’univers de la biosphère, ce qui maintient l’ordre des êtres et des choses, et plus ponctuellement ce qui, dans le monde physique, apparaît indemne de la main de l’homme, relève de la naturalité, du cosmos. C’est l’immensité cohérente où, jusqu’au microcosme et à l’ADN, tout est ordre, organisation, où rien ne semble chaotique, bien que le fruit d’un certain hasard. L’entendement que nous percevons de la Nature, notre rapport à la Nature, détermine la qualité de notre relation à cette Nature, que celle-ci soit de l'ordre de la prédation (pour ceux qui prennent), pire de la destruction (pour ceux qui pillent), de la coexistence, ou mieux dit de la fusion (pour ceux qui laissent tels les cueilleurs-chasseurs-pêcheurs). Était-il dans la nature humaine de faire la guerre à la Nature ? Non, finalement non !

Une dictature verte montre son nez

Il y a déjà bien longtemps que les sociétés humaines concoctaient à la pièce une législation à vocation environnementaliste ou pseudo écologiste avant la lettre. Un moine anglo-saxon du nom de Saint-Cuthbert de Lindisfarne, né vers 634 et mort en 687, se retira en 676 pour mener une vie solitaire sur les îles Farnes (Angleterre). C’est là qu’il institua des lois spéciales pour garantir la protection aux oiseaux qui venaient y nicher. Il s’agirait du premier acte protectionniste à l’égard de la Nature, des oiseaux en l’occurrence, voilà de l’écologisme datée au carbone 14 ! Il fut de six siècles le précurseur de François d’Assise, qui n’était pas simple d’esprit mais avait la grâce de la simplicité, ne fit pas de loi mais un sermon aux oiseaux.

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, le besoin de légiférer le comportement de l’homme à l’égard de la Nature n’a fait que se préciser. À n’en point douter, l’homme moderne est frappé d’une curieuse incapacité de se maîtriser, de s’amender dès que l’occasion se présente à lui de jouir de son milieu ambiant, de l’exploiter, de le souiller. Que penser des Européens qui, 1.500 ans après Saint-Cuthbert de Lindisfarne et un demi-siècle une chanson de Pierre Perret qui est sur toutes les lèvres, mettent encore des oiseaux en cage ? Sinon qu’ils attestent d’une cruauté avouée, doublée d’une connerie crasse. Il est dans la nature des choses de détruire la Nature. Raser tout ce qui pousse, descendre ou enfermer tout ce qui bouge est l’obsession du plus grand nombre d’entre-nous, brutes, ravageurs et dévastateurs invétérés. Alors, certains s’arrogent le droit de dresser des barricades éthiques, d’interposer des garde-fous pour endiguer cette macabre frénésie, pour inhiber cet instinct fatal. On ne peut que déplorer le fait de devoir policer la Nature et il ne faut donc pas s’étonner de l’existence de règlements, de barbelés, de tribunaux, sinon du fait de leur insuffisance chronique et de leur partialité. Notamment quand il ne s’agit que d’ersatz, d’entourloupes, de règlementations iniques, ce qui est presque toujours le cas. Et surtout du fait que l’on protège la Nature des méfaits ordinaires et parfois même epsilonesques, mais que les pouvoirs publics continuent à s’octroyer le droit d’enfreindre les textes et d’accomplir de méga méfaits… dans l’intérêt général !

Aujourd’hui, au bord du gouffre et face à une réelle crispation, le nouveau diktat est arrogant, enclin à proférer des menaces coercitives mais iniques. Les flics-gardiens-protecteurs des Indignés, prolixes en coups de matraques, en donnent chaque jour la preuve. Les mesures à prendre ne seront prises qu’à la condition de ne trop bousculer les acquis et les privilèges d’en haut, les tics et les habitudes d’en bas. Si c’est la menace d’un ordre nouveau qui monte, ce n’est pas encore ni la grande marée, ni le Grand soir, il y a du lest. Homo sapiens a plus promptement établi des lois pour que les hommes renoncent à s’étriper entre eux mais fit toujours preuve d’une grande mansuétude pour ceux qui défigurent ou biffent les paysages naturels, saignent ou évincent les autres espèces. Question d’expansion, de développement, de progrès à la clé, d’intérêts économiques toujours prioritaires sur la sagesse conservatoire. Encore qu’en cas d’agressions guerrières, de conquêtes économiques ou de croisades idéologiques, tuer son prochain devient un acte d’héroïsme sublime, repeint aux fades couleurs patriotiques, que même les églises cautionnent. Telle est la mission héritée du dogme des religions révélées, dites monothéistes, largement repris pour son imparable « efficacité » par bien d’autres régimes, tels ceux prétendument communistes et se référant indûment au marxisme, tout comme les judéo-chrétiens se réclament d’un Jésus insurgé qui ne leur va guère.

Nous allons voir que la hantise conversationniste se serait d’abord illustrée au détriment des chèvres et à la gloire des papillons…

Dès 1669 en France, des mesures conservatoires édictées par une ordonnance des Eaux et Forêts vont se traduire par une série d'arrêts dirigés contre les usages immémoriaux de parcours et de vaine pâture, visant notamment à exclure les chèvres « de tous les lieux où les arbres d'espérance doivent être préservés de leurs dents venimeuses ». L’idée de contrôler le caprin destructeur du manteau végétal fut souvent reprise, comme en Italie en 1923 par le fasciste Mussolini qui instaura une taxe par animal pour tenter de décourager les éleveurs de chèvres.

C’est en 1913 que le IIe Reich se montra soucieux de la faunule en promulguant une disposition pionnière de protection spécifique par prohibition de capture d’un fragile papillon. C’est ainsi qu’il n’était plus permis de capturer l’Apollon dans les Vosges méridionales. Bien que le papillon ait disparu sous la pression agricole, l’interdiction est toujours en vigueur et cette mesure avant-gardiste pour l’époque fera des émules puisque les sociétés avancées, c'est-à-dire celles dont la dégradation de la vie sauvage marque un pareil avancement…, n’en finiront plus d’édicter des listes d’espèces rouges et de toutes les couleurs, égrainées au fil de simples arrêtés municipaux, départementaux, de textes nationaux ou issus des directives européennes ou d’exhaustives conventions internationales (Ramsar, Berne, Washington…) visant des interdictions de capture d’animaux de tous ordres, de prélèvements de végétaux menacés. On peut regretter que simultanément la destruction des biotopes n’ait été que peu ou pas poursuivie par ces lois, c’est là le laxisme propre à une administration bornée, animée de rond-de-cuir et autres gratte-papier sédentaires, aussi arrogants qu’ignares des réalités du terrain. Peu après cette première protection d’un papillon à la pièce, l’idée de Nature fait son chemin dans l’idéologie national-socialiste et un certain nombre de lois protectrices de l’environnement et des animaux sont votées à cette époque. « Im neuen Reich darf es keine Tierquälerei mehr geben » (Dans le nouveau Reich il ne devra plus y avoir de place pour la cruauté des bêtes !), proclame l’écologiste Adolph Hitler. Cette déclaration inspire la loi du 24 novembre 1933 sur la protection animale : « Il est interdit de tourmenter inutilement un animal ou de le maltraiter brutalement », et de citer un catalogue de quatorze mauvais traitements qui vont des expérimentations (vivisection) jusqu’au prélèvement des cuisses aux grenouilles vivantes.

Comme on peut en juger, les premiers instigateurs de lois protectrices de l’environnement et des espèces n’étaient pas tous des gens très fréquentables. Les références de tels initiateurs gênent aux entournures et resteront sujettes à caution pour crédibiliser l’action. Si les opposants les plus acharnés traitent les activistes de Greenpeace ou de PETA, ou encore les éco-guerriers anglais ou américains d’écofascistes, d’éconazis, de khmers verts, voire d’ayatollahs fanatique (sic Jean-Pierre Coffe à l’endroit des militants anti-foie gras), savent-ils que les hasards de l’histoire peuvent hasardeusement étayer leurs injustes insultes ? Luc Ferry, lui, en tout cas, le sait… quand il s’insurge injustement contre ce qu’il nomme le nouvel ordre écologique et les écolos fondamentalistes. Il estime inconciliable la pensée de l’écologie profonde avec la démocratie et l’humanisme. Il n’a pas tort compte tenu de notre concept déviant d’une démocratie délétère pour la planète et d’un humanisme non-sens et affublé d’un nombrilisme spécifique. Moi, moi, moi l’humain… Jean Christophe Rufin, excellent auteur d’anticipation écologique (Le parfum d’Adam, Rouge Brésil, Globalia) s’est déjà chargé d’avertir qu’une forme d’écologie sans humanité pouvait déraper et devenir une idéologie meurtrière. Mais dans son argutie, Ruffin passe sous silence que nos sociétés non écologiques sont déjà amplement meurtrières ! J’estime que les droits de la Nature devraient être hiérarchiquement plus hauts placés que les droits de l’homme, ce dernier ne pouvant se passer de la première, ainsi que l’entendaient parfaitement les peuples naturels et sans progrès. Mais arguant du fait que c’est l’homme et seulement l’homme qui peut songer à protéger les autres espèces, et qu’il n’y a pas de réciprocité, nos contradicteurs répondent en bons cartésiens que nous ne sortirons pas de l’anthropocentrisme et que les autres espèces restent toujours des objets et non des sujets de droit. Je leur dis simplement qu’il est de notre humanité de protéger le reste du Vivant, non seulement par pur intérêt de gestion pour notre survie mais aussi par empathie. C’est en aimant les plantes et les animaux que notre humanité est humaine et non pas barbare. L’amour des hommes n’a pas à impliquer la haine ou l’infériorisation de la Nature, et inversement. Classer, étiqueter, hiérarchiser, c’est peut-être chercher à comprendre pour le taxinomiste, mais ce peut être aussi le début du désamour. Enfin, puisque chaque pas de l’homme induit un recul de la naturalité, puisque notre système nous contraint à détruire pour survivre, comment avancer sans se soucier que cette pression soit la plus discrète possible, et non celle d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, comme c’est la cas ?

Des espèces fichées, des espaces parqués

Un siècle est donc passé depuis le premier élan protecteur par loi à l’égard d’un insecte. Où en somme-nous ? D’innombrables mesures protectionnistes ont été édictées dès les années 1970 et nous disposons partout d’un arsenal de lois et de décrets, émaillé d’une litanie de listes d’espèces et de sites régulièrement mise à jour depuis quelques soubassements de bonne conscience de nos entreprises de démolition.

Le président Théodore Roosevelt était un grand amateur de safari et un tueur invétéré d’éléphants d’Afrique, comme par hasard raciste et eugéniste comme il était bon ton de l’être dans le contexte intellectuel d’alors. Même replacées dans l’époque, ses déclarations étaient peu nuancées : « Je n'ai pas été capable de trouver une solution au terrible problème offert par la présence du Noir sur ce continent. Il est là et ne peut être ni tué ni chassé ». « Je souhaiterais beaucoup que l’on empêchât entièrement les gens de catégorie inférieure de se reproduire, et quand la nature malfaisante de ces gens est suffisamment manifeste, des mesures devraient être prises en ce sens. Les criminels devraient être stérilisés et il devrait être interdit aux personnes faibles d’esprit d'avoir des descendants ». Théodore Roosevelt fut aussi partisan d’initiatives publiques et privées pour protéger les espèces en voie de disparition. Il n’est pas particulièrement paradoxal pour un chasseur de chercher à préserver le vivier de ses proies, c’est une démarche bien évidemment environnementaliste mais nullement écologique, toute cynégétique. Les États-Unis d’Amérique ont alors beaucoup fait pour rattraper les ravages des premiers temps. Dès 1905, l'American Bison Society s’évertua à restaurer les populations de bisons alors en péril et fut à l’initiative du service des parcs nationaux du pays de Buffalo Bill. Une loi de 1973 sur les espèces en voie de disparition est venue élargir le champ d'application des protections fédérales. Elle vise à protéger les écosystèmes dont dépendent les espèces menacées ou en voie de disparition, à établir un programme de protection de ces espèces et à appliquer les conventions internationales ayant ce même objectif. Les États-Unis encouragent les pays étrangers à protéger les espèces d'animaux et de plantes sauvages, notamment celles qui figurent sur une liste émanant de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), convention réunissant quelque 170 pays. La CITES n'autorise le commerce des espèces menacées que si ce commerce n’hypothèque pas leur survie. Le système des listes spécifiques protégeant, interdisant ou règlementant un certain nombre d’activités, afin d’assurer la conservation d’espèces sauvages, fut établi dès la fin des années 1970, au terme d’un processus long et difficile. Ces listes sont inexactes et sujettes à caution. Elles permirent tout de même d’assurer la survie ou le regain d’espèces, telles les rapaces ou les marmottes, et contribué à la réussite de plans de restauration (gypaète barbu, vautour fauve…) ayant vu leurs effectifs se reconstituer.

On pourrait donc conclure que l’attention portée aux paysages et aux espèces tant sauvages que domestiques est d’une forte acuité dans notre premier monde, si ne régnait pas d’accablantes contradictions qui font deux poids, deux mesures, et qui laissent souvent pantois l’observateur. En voici quelques exemples consternants.

C’est ainsi qu’à l’heure où ces lignes étaient rédigées, l’Espagne adoptait d’une part un projet de loi visant à assurer la protection des Grands singes contre « les abus, la torture et la mort », rendant illégale toute expérience médicale « douloureuse », ainsi que l’utilisation des singes anthropoïdes dans la publicité ou les cirques. Mais le même législateur s’évertuait à fermer les yeux sur la tauromachie et tant d’autres festivités barbares qui font la joie de la beaufitude hispanique. Je rappellerai aussi qu’en Espagne, depuis une loi de 1989, surréaliste et donquichottesque, ou plus exactement schizophrène, « tout » prélèvement végétal et animal est globalement et irrévocablement prohibé, y compris celui du moindre invertébré, tout comme il est interdit d’altérer ou de détruire la végétation, lesquels forfaits pour devenir dérogations justifiées doivent faire l’objet d’une autorisation préalable. Ce type de loi est purement formelle car la vente des insecticides, y compris domestiques pour le « meurtre » d’une mouche ou d’un moustique, est restée libre et on se demande comment ce pays économiquement avide a pu faire pour couler autant de béton sur ses littoraux, ses campagnes et certains de ses plus précieux écosystèmes, sans « altérer la végétation » et nuire au Vivant ! Un coup de bulldozer et ce sont des milliers d’années de genèse foutues en l’air. Mais l’effet d’annonce de la protection cosmétique pris toute sa démesure quand, en 2008, l’Espagne ressortit une autre loi de 1988, volontairement oubliée dans les cartons ministériels, pour la protection de 10.000 km de littoral. Il n’en fallu pas davantage pour que ce sursaut de conserver les infimes restes d’une frange côtière déjà largement et illégalement cimentée soit considéré comme exemplaire par la presse européenne complice ou crédule, tout en provoquant l’ire de quelques propriétaires qui projetaient de poursuivre leur massacre à la bétonneuse.

L’historique relatif aux aires protégées que sont les parcs et les réserves remonte au milieu du XIXe siècle, avec la Yosemite Valley californienne et sa forêt de séquoias, premier espace mis à l’abri de l’exploitation privée. C’était en 1864 et on le doit à Abraham Lincoln. Le parc national de Yellowstone fut proclamé dans la foulée. En Europe, ce sont la Suède et la Suisse qui furent les nations pionnières, la première avec la création de neuf parcs dès 1909, la seconde en 1914 avec le parc national suisse, mitoyen de la frontière italienne. C’est en 1929 que la France promulgua la réserve zoologique et botanique de Camargue, puis soucieuse du devenir des bouquetins, lança son parc de la Vanoise en 1963, jumelé en 1972 avec celui du Grand Paradis pour constituer la plus vaste figure conservatoire européenne. Les réserves de la biosphère (Unesco) apparaîtront dans les années 1970. Le premier congrès pour la protection de la Nature s’est tenu à Paris en 1923. L’action alors poursuivi ne masquait pas son unique objet de ne se préoccuper que des espèces considérées comme utiles à l’homme. Conservation, protection de la Nature, de l’environnement, des animaux sauvages ou domestiques, c’est un fourre-tout. Le citoyen a le droit de vivre dans un environnement sain et propre, c’est un droit fondamental qui bénéficie d’une reconnaissance croissante dans la législation des pays riches, avec des victoires marquantes ces dernières années.

Homo sapiens economicus aurait un faible pour la conservation d’un « stock » d’espèces sympathiques sur l’étagère de chaque « étagère » écosystémique, mais se montre assez peu enclin à légiférer sur des valeurs morales, en faveur de l’abolition de méthodes de capture, de chasse, d’élevage, de détention, d’exhibition et d’expérimentation. Il n’est pas difficile d’en appréhender les tenants et les aboutissants. Le boucher et l’épicier sont aveugles, insensibles à la souffrance. Sauf dans les cas de la perruche ou du poisson rouge sur les sorts desquels on s’apitoie censément parce que la vente par deux plutôt qu’un stimule le tiroir-caisse. Ce qui importe c’est de protéger non pas par empathie mais par souci économique. Il en irait tout autrement si nous étions inspirés d’une éthique, voire d’une bioéthique… Priorité à notre qualité de vie, l’environnementalisme c’est cela et rien d’autre. La dérive qui résulte de notre déstabilisation systémique nous impose chaque fois un dilemme, celui de devoir gérer la pénurie ou l’abondance. La pénurie, on connaît, il ne reste rien, on cherche à reboiser, à régénérer, à revégétaliser, à réintroduire. L’abondance, ce n’est pas la providence, ce n’est plus la naturalité, c’est une autre forme de pénurie par excès. Le meilleur exemple français est illustré par le parc national des Cévennes, implanté en moyenne montagne, avec la présence surnuméraire de représentants de la grande faune, néfaste tant pour l’équilibre écosystémique que pour les activités d’agriculture pseudo-vivrière qui tentent de se maintenir dans l’espace. Seul le touriste, mi-éco, mi-safariste, peut s’y sentir à l’aise, le temps d’une traversée. Sangliers et cervidés envahissants, fossoyeurs d’une forêt qui ne se régénère plus, imposent des « dispositifs cynégétiques » (lire : battues !). Les vautours fauves (plus de deux cents !), moines et percnoptères, réintroduits après massacre au nom des vieux démons et totale extinction locale, ont bien du mal à satisfaire leur besoin d’équarrissage. Le castor, tout autant réintroduit, écorce outrancièrement les vieux hêtres et commet des dégâts disproportionnés aux ripisylves. Il faudra aussi en arriver à écrémer vautours et castors « protégés » ! La main lourde de l’homme dans la Nature : une catastrophe évidente !

En pinaillant de la sorte, mes soliloques n’ont pas d’autre prétention que de prouver qu’en protégeant ainsi, nous ne faisons rien d’autre que de nous faire plaisir, nous faisons nos petites affaires, nous poliçons gentiment mais égoïstement cette Nature qui, faute d’intérêts directs, nous indiffère. L’espèce humaine n’a pas le monopole de la Nature, on refuse de s’en convaincre et cette appropriation est contre-productive. La pérennité des écosystèmes est placée sous le contrôle pépère du garde-pêche, du garde-chasse, du garde forestier, du garde-réserve, du garde-champignons ou du garde-n’importe quoi, débonnaire quand il se doit, inique quand il le veut, toujours corrompu jusqu’à l’os, ignorant tout des subtilités écosystémiques, se foutant du quart comme du reste et se tapant totalement de la souffrance animale. Des militants, des passionnés, des autodidactes enflammés devaient être en charge d’une telle mission, pas des chercheurs d’emploi démotivés. Faute d’y croire vraiment, on ne porte qu’un regard anthropique et donc biaisé sur une Nature mal comprise puisqu’asservie. Cette véritable myopie écologique de nos faits et gestes, sciemment perpétrée, nous mène au chaos. Le législateur n’a jamais voulu s’entourer de scientifiques un tant soit peu véhéments pour une meilleure élaboration des textes et une approche mieux ciblée des problématiques. Ce n’est pas sans rappeler un temps où l’ordre moral français censurait des images dits à caractère pornographique par décision d’un collège de pisse-vinaigre composé d’un préfet faussement pudibond, d’un curé ranci (voire un tantinet pédéraste ou pédophile) et d’une dame patronnesse, repoussoir frustré de l’Armée du Salut. Le moindre sexologue éclairé brillait par son absence, comme brille les absences de l’écologue et du naturaliste (mot démodé !) de terrain quand il s’agit de discourir à propos de l’opportunité d’une aire à protéger. La société du faux-semblant a la dent dure et ne s’entoure que de conseillers béni oui-oui pour ne rien remettre en question et persévérer dans ses erreurs coupables et rentables. Naturalité ou sexualité ont été condamnées d’avance par le bricolage des monothéismes. La forêt et l’araignée font peur, l’amour est endoctriné…

« Ce soir c'est le Déluge Le dernier, le plus beau C'est la vraie fin du Monde On a pris des vermines On a fait un bateau. Un peu malgré nous, Il ne sauve rien Celui qui ne sauve pas tout... Noé, Noé, Noé On a pris des lentilles On a pris des bijoux, On aimait ce qui brille La nuit et qui rend fou. On a pris l'éléphant Et ses deux dernières dents Dernier éléphant Premier million de cure dents. Noé, Noé, Noé Pourquoi t'es pas sur le bateau Noé, Noé Pourquoi t'as troué la voile et le drapeau? On a pris les castors On a pris les oiseaux... Et toutes les fourrures Pour nous faire des manteaux. On s'est dit: les poissons Ils resteront dans l'eau. Comment mettre une baleine Tout au fond d'un bateau? Noé, Noé, Noé On a pris des gazelles Et même des manchots, Un couple d'hirondelles Des putois, des blaireaux. Comme il faisait froid Tout au fond du bateau On a pris des menteurs Pour dire qu'il fait chaud... Noé, Noé, Noé Pourquoi t'es pas sur le bateau Noé, Noé Pourquoi t'as troué la voile et le drapeau? Comme on avait compris Qu'on aurait pas de journaux On a pris des mannequins Pas trop maigres et très beaux. Des tonnes de maquillage De dentelles, de maillots Pour faire face à la plage Quand il referait beau... Noé, Noé, Noé On a pris des punaises Pour les posters de Dieu Ces rêves de camionneur Qui nous pincent le cœur. Ce soir, c'est le Déluge Le dernier, le plus beau C'est la vraie fin du Monde On a fait un bateau... Noé, Noé, Noé Pourquoi t'es pas sur le bateau Noé, Noé Pourquoi t'as troué la voile et le drapeau? »


Étienne Roda-Gil, chanté par Julien Clerc.

http://www.mytaratata.com/pages/VIDEO_page_video.aspx?sig=iLyROoaftDSK


Michel Tarrier
Écologue, écosophe
http://www.amazon.fr/Dictature-verte-Tarrier-Michel/dp/2812701404
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